Anaïs de Yves Montmartin

     Dès les premières pages, le lecteur s’installe tranquille dans une gentille chronique familiale. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !  La romance s’installe, les personnages semblent sans arête ni faille. On se balade décontracté dans une tranquille petite ville semi-rurale en compagnie de belles personnes qui passent le plus clair de leur temps à conjuguer à tous les temps la formule du bien s’entendre.

     L’écriture ressemble au texte, elle est douce, facile, souvent tendre, d’inspiration assez classique et sans surprise. Quelques traits d’humour viennent de temps à autres pimenter la conventionnelle narration. Peinard dans son fauteuil le lecteur sirote les chapitres un peu comme s’il regardait à la télé, bien à l’aise dans son canapé, une de ces plaisantes comédies romantiques que parfois (trop rarement à mon sens) le cinéma français parvient à produire. Bref, on a envie de sourire niaisement au fil des mots, on se sent bien dans ce quartier pépére,  on aimerait presque y vivre. La fête des voisins doit être un moment drôlement sympa.  Les enfants, deux ravissantes fillettes nées des belles histoires d’amour que l'auteur nous conte, belles et douces  comme leurs parents, grandissent dans une aura teintée d’amitié et d’innocence.

     Bien sûr, quand Anaïs disparaît, on est un peu inquiet. Quelle mouche a piqué cette gamine bien sous tous rapports ? Mais rapidement, on se rassure. Il ne peut rien se passer de grave au monde des bisounours ! 

     L’enquête commence, l’enquête piétine. Des personnes moins recommandables commencent à apparaître… Mais une âme un peu sombre n’a jamais prouvé une quelconque culpabilité. Cependant, peu à peu, par couches indicibles, l’incertitude grandit. On commence à froncer des sourcils tout en marmonnant : " Il a bougrement raison le Sieur Montmartin, même dans le monde le plus parfait, un malheur peut vite arriver. Restons sur nos gardes.  Le drame ne prévient pas, le desastre ne prend pas le temps de s'installer, il frappe,  il foudroie, il tue ! " 

Une douleur qui laisse sans voix a-t-elle poignardé cette belle histoire ? Etait-ce une fausse alerte ? Une sorte de désopilant et cruel pied de nez de l'auteur dans le style : "Je vous ai bien eus" ? Bien évidemment, je ne le dirai pas, si vous voulez savoir, il vous faudra lire l’histoire. Quelque soit l'issue, fatale ou heureuse, vous passerez un bon moment. 

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