Des crimes et des routes T1 et 2 de Jean GP Ducreux

     En découvrant le tome I, le héros de la RD 311,  le lecteur s’installe dans une ambiance digne d’un roman de Charles Exbrayat dont on aurait modernisé écriture et style. Tout y est : l’environnement rural qui fleure bon le terroir, de truculents personnages secondaires qu’il serait trop long d’énumérer (on croirait parfois entendre le fameux accent de notre Aimé Jacquet national).  Le meurtrier sympathique (un bad boy craquant que l’on voudrait innocent).  La princesse berbère francisée qui ferait fondre le plus infâme des misogynes. Le duo de flics qui procurerait bonheur et inspiration à n’importe quel réalisateur de comédies bien franchouillardes. Le méchant pas beau de service qui, étant expédié ad patres dès le début de roman, ne dérange que temporairement son monde.

     Bref, nous sommes dans un polar bien de chez nous dont nous tournons les pages avec un réel plaisir. Tout au long de la lecture, disons-le sans détour, nous egrenons  le bon temps.  Tout en accompagnant les enquêteurs dans des investigations bien plus roublardes qu’elles n’y paraissent aux premiers abords, nous ne boudons pas notre plaisir.  L’écriture, précise et riche, bénéficie d’une agréable simplicité. Jean G P Ducreux sait raconter.  Le texte est argumenté.   Il est même parfois prétexte à balancer, ni vu ni connu, quelques vérités qui ne passeront  pas inaperçues aux yeux de ceux qui lisent à travers les lignes. Cerise sur le gâteau, nous nous baladons dans la plaine du Forez et c’est une chouette promenade. L’auteur aime sa région, il en connaît les couleurs, il prend plaisir à la peindre.   

     Puis, comme une tempête de sable imprévisible, le tome II, le fantôme de l’A72,  se met à souffler.  Tel un sirocco brûlant, il vient balayer sans scrupule le confort reposant dans lequel le bouquineur s’était installé. Le virage est osé, ardu.  La gomme des pneus proteste. Le lecteur s’accroche pour reconnaître cette charmante région autrefois si paisible.    Les personnages soudains s’épaississent, ils se durcissent aussi. . Leur psychologie tortueuse nous éclate à la figure. Le chrono s'emballe. Jean GP Ducreux n’a pas peur de déranger, bien au contraire, c’est avec talent et malice, qu’il s’amuse à déranger, voire à provoquer. Par touches successives, les ingrédients du roman d’actions s’imposent : une pointe de sadisme délicieusement dosée, une dose de sexe polissonement pointée, de la violence, de l’amour, de l’humour, de l’ardeur, des coups de théâtre, du mystère... Un plein tombereau de second degré...  Je suis à court de mots ! Pour débusquer l’épilogue de ce savant brouhaha, on voudrait être capable de lire plus vite, de tourner les pages plus rapidement.  La fin se précipite, on ne l’attendait pas, elle en devient presque mystique. Dévorant l'utlime ligne on se dit : "Comment, déjà fini ? Jean GP, vous êtes un sinistre personnage ! vous auriez pu vous fouler encore de quelques pages ! " Plus sérieusement, j’ai aimé ce polar : Comme un flic en planque, je guette la suite !


A découvrir sur Amazon

Liste des articles

Retour à la page d'acceuil