Le feu sous la peau d'Olivia Jones

     Lorsque je lis un bouquin avec pour objectif final l’élaboration d’une chronique, je cherche le « truc» qui va, suivant les cas : Me plaire, me surprendre, m’amuser, m’agacer, me bluffer, m’émouvoir, me sauter aux yeux, m’intéresser… Bref, une longue liste de verbes à l’infinitif que je vous invite à traquer dans le Bescherelle. Donc dégoter  un aspect de l’ouvrage que je pourrais mettre en lumière et développer joyeusement, telle est ma quête.  

Dans « Le feu sous la peau » d’Olivia Jones, il y a plusieurs de ces petits « trucs ». Donc, je me dois choisir :  J’écris une chronique, je ne soutiens pas une thèse.

Après un tri aussi sélectif que réfléchi, voici dévoilés les trucs qui m’ont le plus… inspirés : 

-         La richesse et la crédibilité des personnages, avec leurs failles, leurs forces, leurs démons, leurs faiblesses, leurs espoirs, leurs peurs et leur doute. Ils ne sont ni tout blanc ni tout noir. Ils présentent tous une couleur d’âme d’un gris diffèrent, de ce gris qui fait de chaque  être humain un individu complexe et imparfait capable tout à la fois de grandeur, de laideur, de beauté, de lâcheté, de courage et d’Oh combien de bêtise parfois.   

-          La convergence de ces personnages. Ça, c’est du tricoté sur mesure ! Tous se déplacent sur un réseau compliqué de rails qui parfois se croisent sans jamais se rejoindre tout à fait, excepté à la fin de l’ouvrage quand, enfin aiguillés par un maître d’aiguillage digne de ce nom, ils rejoindront tous la même gare.  Celle de leur destin commun. Alors, enfin libres de quitter un parcours ferroviaire imposé, ils trouveront leur propre voie 

     Ce roman met en place tout un univers de vies complexes. Univers modeste parce que réaliste. Un univers touchant, pour exactement le même motif.

Comme dans toute tranche de vie édifiée sur un passé douloureux, on découvre  cette habituelle pléthore de valeurs tantôt positives tantôt négatives.  Tant et si bien, qu’en plus d’une intrigue divertissante et agréable à lire,  cet ouvrage véhicule une sorte de « vision du monde et des humains ». Cette vision, Olivia  la transmet à travers ses personnages, par le regard tendre mais sans concession qu’elle  porte sur eux et aussi par ses rapports avec eux : sympathie ou antipathie, éloge ou blâme.

Mais bien sûr, pour nous lecteurs,  cette vision se révèle également  à travers les relations que l’auteure établit entre ses personnages. Marialys, Cristale et les autres ne sont pas des individus isolés qui se limitent à incarner chacun  une valeur, un vice ou une détresse.  Tous interagissent avec les autres (nombreux)  personnages. 

Dans ce livre, pas de petits rôles, mais parfois de courtes apparitions importantes.

Et le voilà ce fameux « truc » sur lequel je voulais mettre un coup de projecteur. Olivia Jones, dans ce livre mais aussi dans les autres, excelle dans l’art de créer  des liens de connivence et de convergence entre ses personnages. C’est par le biais de ces conflits et contrastes qu’elle met en  œuvre,  qu’elle parvient à construire sa  vision personnelle de notre société.  

Lien Amazon

Retour à la liste :

Retour à l'accueil