Pharaon 1923 par Jean GP Ducreux


     Je soupçonne Jean G P Ducreux, d’être en réalité un voyageur temporel qui, sous le fallacieux prétexte d’écrire un simple roman d’aventures, relate à ses lecteurs la connaissance d’un passé qu’il a maintes fois parcouru physiquement ! 

     Et si la patrouille du temps chère à Poul Anderson existait vraiment ? Et si le sieur Ducreux était en fait un patrouilleur du temps recruté par la célèbre patrouille ? 

Pourquoi cette légitime suspicion ? 

Pour la simple raison, crédules naïfs que vous êtes,  que l'ensemble est d’une précision bien trop réaliste. La carte postale en noir et blanc relocorée est d’époque. Elle se révèle sonore, odorante, fidèle aux ambiances, aux bruits, aux pratiques, aux rapports humains d'un passé révolu. Cet homme, l'auteur,  s’est assurément baladé, non pas récemment, non pas aujourd’hui, mais bien avant notre siècle, dans Khân el Khalili, le grand souk du Caire. Il a visité les mosquées Al-Azhar et Al-Hussein et sans doute Al-Hakim. Il a goûté le Koshari… Il a bu l’Omar-khayyam. Peut-être même s’est-il enivré ! 

     Bien sûr, il y a l’intrigue. Qui n’a pas rêvé de participer à une chasse au trésor dans les méandres sablonneux d’un pays aussi lointain que dangereux ? Rêvé, seulement… C’est-à-dire en prenant bien soin que jamais le rêve ne puisse devenir réalité… Bien trop aventureux… Voire périlleux !.. Il est plus sage de vivre cette course effrénée par procuration !  

     Je lis, je relis… 

    Oui, décidément, nul doute que l’auteur raconte sa propre histoire. Certes, afin que nul ne puisse sérieusement le démasquer, il la romança quelque peu… D’ailleurs, lorsque l’on connaît la personnalité du narrateur, on ne peut que frissonner à… non !  inutile d’insister, je ne dirai rien ! Impossible de développer le fil d’une intrigue trop abrupte et présente pour n’être que fiction ! 

Prenez  l’écriture ! elle est en toute évidence celle d’un homme du passé exprimant l’ambiance de son époque. Celle de l’Égypte, qu'il a bien connu, mais aussi celle du Paris des années vingt. Son Paris.. ou tout au moins l 'un des siens ! Un voyageur du temps n'a pas réellement de port d'attache. 

     À travers ce roman, c’est un univers marqué dans le temps, un style précis qui fait mouche. Un début de siècle qui sous nos yeux de lecteurs captivés se dévoile, comme extirpé d’une faille temporelle. Le style de Jean GP Ducreux, conteur malicieux jouant avec ses lecteurs, adore se faire remarquer par une certaine élégance volontairement surannée, mais aussi par l’extravagance de certaines des situations qu’il nous dépeint. 

     Je persiste et signe en émettant l’hypothèse suivante. Dans ce livre, il est un personnage supplémentaire qui jamais n'est cité. Un personnage qui participa à toute l’aventure, qui vécut les mille péripéties, qui fantasma les joyaux de ce trésor tant convoité, qui courut dans les souks du Caire, qui arpenta les rues de Paris à la Belle Époque, qui endura moult dangers, au même titre que ses compagnons… Mais qui parvint à prendre la fuite. L’auteur ne nous en parle jamais, bien évidement, car il s’agit de lui en personne ! 

Oui ! En vérité je vous le dis comme disait je ne sais plus qui,  il n’était pas quatre amis lancés dans cette folle aventure, ils étaient cinq ! Le club des cinq, comme les trois mousquetaires étaient quatre. Jean GP Ducreux faisait partie de la bande ! 


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