Un Noël saupoudré d'espoir de Nathalie Brunal

Je débuterai cette chronique, une fois n’est pas coutume, en évoquant la postface. Elle éclaire la discrète complexité de ce récit à la façon d’un phare planté sur une côte escarpée guidant les navires en détresse. Elle permet surtout de comprendre bien des choses.

Ce qui aurait pu devenir une gentille historiette un peu simplette pour ado pré pubère en mal de sentimentalisme facile, apparaît soudain comme un vibrant témoignage posthume. Ce texte, prenant l’apparence d’un conte de Noël, traite de la souffrance :

La souffrance de ceux qui restent.

La souffrance sans temps mort d’avoir perdu un être qu’aucunes condoléances ou vaines initiatives même sincères ne pourront calmer.

La souffrance aussi de ces personnes en partance pour un ailleurs incertain.

La souffrance de laisser à leur solitude ceux que, malgré eux, les voyageurs pour l’au-delà abandonnent. Parce que la maladie est la plus forte, parce qu’ils savent que bientôt ils seront emportés et que ça fait mal de quitter ceux que l’on aime, surtout lorsque l’on part pour un voyage sans retour.

On a tous besoin d’espoir, on a tous besoin de croire en quelque chose… Ce bouquin, avec son écriture toute simple, celle d’une ado perdue qui balade son regard innocent sur une situation qu’elle ne comprend pas, illustre parfaitement ce proverbe : « Plus beau que Dieu, c’est la foi ». Une foi, qu’importe son nom, qui permet de continuer à vivre, de poursuivre le chemin seul, de croire à des retrouvailles célestes, même si elles paraissent bien improbables.

Ce conte est un sourire à travers les larmes. Il apporte un peu de fraîcheur et d’humour naïf au brasier si froid d’un cruel et injuste deuil. Il bascule parfois dans le triste, jamais dans le pathos. Les personnages « magiques » sont drôles et inattendus… En fait, malgré leur statut, ils sont bougrement humains.

Je ne puis spoiler la fin mais je  glisse en toute franchise, et sans prétendre détenir une quelconque certitude, une impression. Cette fin dont on voir le bout du nez de très loin, même elle fait du bien, même si elle fait sourire,  peut décevoir.  Elle constitue le seul passage sur lequel je me permettrai en toute amitié d’émettre modestement et sur la pointe des pieds quelques réserves.

À mes yeux, ce final n’assume pas les forces et les situations mises en place tout au long du récit. C’est à mon sens, mais je puis me tromper, le rassurant petit  paragraphe de trop.

Je terminerai comme j’ai débuté, par la postface. En la lisant, j’ai eu cette envie soudaine d’embrasser sur les deux joues l’auteure en lui disant merci… Merci pour cette jolie histoire aux arômes d’espoir qui nous permet de croire encore une fois, malgré l’âge dit de raison, à ce cher père Noël et aux légendes de notre enfance. 


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